Robert Schumann


String Quartet, op.41 no.3

Quelle est la chose à laquelle penser lorsque l'on écoute cette oeuvre de musique de chambre composée par Robert Schumann? Que les trois quatuors à cordes que comprend l'opus 41 ont été dédiés à Félix Mendelssohn, l'ami de Schumann? Ou bien que ces quatuors, pourtant composés en cinq semaines, ont recueilli l'adhésion des critiques qui s'étaient montrés jusqu'alors peu impressionnés? Ou même, qu'après l'été 1842, le compositeur n'a plus jamais jugé bon de composer de quatuor à cordes? Bien qu'exactes, ces réponses n'en ont pas moins laissé de côté le plus important. Ce soir, nous allons imaginer que son quatuor en la majeur est l'une de ses compositions les plus savantes. Comme le veut la légende, Schumann s'est détourné de son habituel style de composition débridé et de ses traditionnels thèmes de programmation comme ceux de Carnaval (1834- 1835), de Fantasiestücke (1837) et de Kinderscenen (1838), pour les remplacer par ce qu'il avait retenu de l'étude rigoureuse des compositeurs qu'il idolâtrait, Beethoven, Haydn et Mozart, ainsi que de la lecture attentive du Clavier bien tempéré de Bach. Bien évidemment, Schumann n'était pas un « élève » et avait un dessein plus noble que celui de reproduire des styles dépassés. Il a donc entrepris de faire connaïtre sa conception de la musique tout en rendant hommage à la polyphonie du baroque, à l'importance de la forme dans la musique classique et à la fougue de la période romantique. Cette oeuvre avec laquelle nous ouvrons le festival donne le ton aux activités MusiMars : le programme propose une foule d'oeuvres à deux facettes qui font référence au passé tout en imaginant l'avenir de la musique.

What should be brought to mind as we listen to this chamber work by Robert Schumann? That the three string quartets comprising op.41 were dedicated to Schumann's friend Felix Mendelssohn? Or, that these quartets–all written in the span of five weeks–thoroughly won over previously unimpressed critics? Or even, that after the summer of 1842 the composer never again saw fit to compose string quartets? All of these, while accurate, miss the most relevant point. Tonight we imagine Schumann's A Major quartet as one of his most learned compositions. As this tale is customarily told, Schumann turned his back on his usual unbridled compositional style and programmatic themes such as those animating his Carnaval (1834-5), Fantasiestücke (1837), Kinderscenen (1838). In their place Schumann substituted the rigorous lessons gleaned from careful score study of idolized composers Beethoven, Haydn, and Mozart, as well as from his perusal of Bach's Well-tempered Clavier. Schumann was clearly no 'student' and had loftier goals than merely reproducing bygone styles. He set out to promulgate his view of music to come while paying deference to the polyphony of the baroque, the formal emphasis of classic music, and the impetuosity of his Romantic age. This festival-opening piece sets the tone for all of MusiMars: the program is replete with Janus-faced compositions remembering a musical past while imagining the musical future.

-Michael Ethen