MUSIC from TANZANIA


for percussion ensemble

pour ensemble de percussions

La Tanzanie, pays situé en Afrique de l'Est, a été une colonie allemande de 1884 à 1919, puis elle est devenue territoire britannique jusqu'à son indépendance en 1961. Aujourd'hui, le centre est la région la plus dynamique du pays sur le plan musical. Les musiciens sont souvent interprètes et danseurs. Dans cette région, la musique est associée tantôt aux sociétés secrètes, tantôt à l'initiation des jeunes. Chez les Gogo, trois danses sont associées à la circoncision et à l'initiation. Avant 1960, les Gogo avaient coutume de se rassembler, par milliers, dans la vieille ville de Dodoma (aujourd'hui la capitale de la Tanzanie) pour prendre part à un festival annuel de danse. Leurs danses contenaient des pas provenant des régions côtières de la Tanzanie. Dans la danse ng'oma, par exemple, les femmes tiennent entre leurs jambes un tambour en forme de sablier sur lequel elles tapent avec les mains selon des rythmes ternaires, et dont les sons se croisent et s'entrelacent. Tout en jouant, elles font pivoter leurs épaules, soufflent dans des sifflets de police achetés sur place des combinaisons saccadées. Des hommes accompagnent le groupe en jouant d'un ou deux instruments remplis de pierres, en forme de hochet. Les lamellophones Gogo sont souvent peints de couleurs vives et les instruments de musique sont accordés selon des modèles dérivés de séries harmoniques naturelles (le plus souvent partiels 4-9, mais également 1, 3, 5, b7, 8, 9). La démarche utilisant des partiels, dérivée non pas d'une corde tendue, mais de la voix humaine, est à la base du chant en plusieurs parties et des modèles pour chants choraux de la société Gogo.

Tanzania, in east Africa, was a German colony from 1884 to 1919 and a British territory from that point until 1961, when it gained its independence. Today, the central area is perhaps the most musically active area of Tanzania. Musicians are often both players and dancers. Some of the music of this area is associated with secret societies, while other music is used in the initiation of the young: among the Gogo there are three dances associated with circumcision and initiation. Before 1960 the Gogo used to come in thousands to the old town of Dodoma (now Tanzania's capital) to take part in annual dance festivals; their dances included steps adopted from coastal Tanzania. In the ng'oma dance, for example, women hold hourglass drums between their legs and tap them with the hands in triple rhythms, the main accents of which cross and interlock. While drumming they twist their shoulders; they also play police whistles, bought locally, in hocket-style combinations. One or two rattles filled with stones are used by men to accompany the group. Gogo lamellophones are often colourfully decorated, and the tuning of their musical instruments follows patterns derived from the natural harmonic series (most often partials 4–9, or: major-scale degrees 1, 3, 5, b7, 8, 9). This overtone framework–derived not from an taut string, but the human voice–is the foundation of Gogo multi-part singing and the chordal patterns heard in Gogo choral chants.

-Gerhard Kubik