VIVIER


Pulau Dewata (1977)

Orchestration par Fabrice Marandola et Peter Schubert (2008)

Pulau Dewata est l'une des oeuvres les plus souvent programmées de Claude Vivier – et probablement celle qui a fait l'objet du plus grand nombre d'enregistrements. Cela tient en partie à ce que son instrumentation n'est pas fixée, laissant libre cours aux adaptations les plus variées allant des quatuors (à cordes, de saxophones, de guitares, d'ondes Martenot) aux formations de chambre en passant par l'ensemble à percussions. Composée en 1977 au retour d'un voyage du compositeur en Orient, elle porte la marque de l'influence de la musique balinaise que Vivier a appris à jouer lors de son séjour dans « l'ïle des Dieux », traduction de Pulau dewata. « J'ai voulu écrire une pièce avec l'esprit de Bali : la danse, le rythme et surtout une explosion de vie simple et évidente ». Vivier a recours à de nombreuses techniques issues des musiques balinaises, parfois de façon quasi littérale. Ces principes d'écriture touchent à la fois à l'organisation des durées (rythme, forme) et à celle des hauteurs (mélodies et leur développement, principes contrapuntiques). Son oeuvre n'est toutefois pas une copie de l'art balinais, car il ne veut « surtout pas écrire de la musique balinaise! » De fait, la structure de l'oeuvre est fondée sur des rapports de longueur qui relèvent de la suite de Fibonacci, chaque section voyant l'ajout d'une note supplémentaire dans l'élaboration des phrases mélodiques, tandis que la totalité de l'oeuvre repose sur la mise en contraste de cinq types de cellules – mélodie, ponctuation, accords répétés, « mélodies intervallisées » et contrepoint – auxquelles on peut ajouter les silences.

Dédiée à l'Ensemble de percussions McGill dont le directeur de l'époque, Pierre Béluse, a réalisé la première orchestration, elle est donnée ici dans un nouvel arrangement de Fabrice Marandola, actuel directeur de l'ensemble, et de Peter Schubert, directeur de l'ensemble Cappella McGill. La mise en commun de l'ensemble de percussions et du choeur a été encouragée par l'orchestration originale réalisée par le compositeur et décrite comme étant « pour ensemble de claviers ou même toute autre formation d'instruments ». La version interprétée par l'ensemble de musique de chambre de John Rea (1986) et par le quatuor à cordes de Michael Oesterle (2002) ne sont que deux exemples notoires d'arrangements qui exploitent ce potentiel. Pour faciliter l'intégration de chanteurs à une pièce écrite sans texte, les arrangeurs ont eu recours à des syllabes dénuées de sens dans le style de Vivier lui-même et d'Olivier Messiaen (1908-1992). Cette nouvelle version fait suite à des recherches dans les archives du compositeur (Division des archives, Université de Montréal, Fonds Claude Vivier (P 235, P0235/D4, 0049/0050)) et comprend notamment, pour la première fois, quelques passages rétablis d'après l'autographe de l'auteur et oubliés lors de la copie du manuscrit final.

Pulau Dewata is one of Claude Vivier's most frequently performed works – and probably the one that has been the most recorded as well. This is due, in part, to the fact that it does not specify any instrumentation, permitting any combination of instruments, ranging from quartets (for strings, saxophones, guitars, and ondes Martenot) to chamber ensembles, and percussion ensemble. Composed in 1977 after returning from a journey to the Far-East, it is clearly influenced by Balinese music, which Vivier learned to play during his stay in the "Island of the Gods": "I wanted to write a piece that conveyed the spirit of Bali: their dances, rhythms, and above all, an explosion of life, simple and candid."

Vivier uses a number of techniques drawn from Balinese music, sometimes in a quasi-literal way. These principles of composition include the organization of note values (rhythm, form) and pitches (melodies and their development, contrapuntal principles). However, his work is not a copy of Balinese art, as he had "no intention of composing Balinese music!" In fact, the structure of the work is based on relationships in length drawn from the Fibonacci numbers, as an additional note is added to the melodic phrase of each section, while the entire work is built around the contrast between five different elements – melody, articulation, repeated chords, harmonized melody, and counterpoint – to which can also be added rests.

Dedicated to the McGill Percussion Ensemble, whose director at the time, Pierre Béluse, arranged the first performance, it appears here in a new arrangement by Fabrice Marandola, the ensemble's current director and Peter Schubert, director of choral ensemble Cappella McGill. This combination of percussion ensemble and chorus is encouraged by the composer's original direction alluded to above: « pour ensemble de claviers ou même toute autre formation d'instruments. » John Rea's chamber ensemble version (1986) and Michael Oesterle's string quartet (2002) are but two notable examples of arrangements that explore this potential. In order to facilitate the integration of singers into an originally textless piece, the arrangers employed nonsense syllables in the style of both Vivier himself, and of Olivier Messiaen (1908-1992).] This new version incorporates some results of recent research in the composer's archives (Division des archives, Université de Montreal; Fonds Claude Vivier (P 235); P0235/D4, 0049/0050), and includes for the first time, in particular, certain passages that have been restored to the composer's autograph version that had been forgotten in the final copy of the manuscript.

-Fabrice Marandola