György LIGETI


Hamburg Concerto

Compositeur dont la musique a été plusieurs fois utilisée par Hollywood (2001, l'Odyssée de l'espace, The Shining et Les yeux grands fermés), György Ligeti est imperméable aux dogmes de la composition et il se fait un plaisir de libérer de nouvelles possibilités sonores. Pour l'auteur Paul Griffiths, les manières anticonformistes de Ligeti étaient attribuables au fait d'avoir enduré, et la tyrannie de Hitler, et celle de Staline. Qu'il ait eu raison ou tort au sujet de l'origine du dynamisme de Ligeti, il n'en demeure pas moins que ce dernier a exploité sa sensibilité critique autant que possible, notamment dans son extravagant anti-anti-opéra Le Grand Macabre (1974-1977).

Le compositeur avait une imagination auditive phénoménale. Bien que son Concerto hambourgeois pour un seul cor naturel soit une oeuvre extrêmement difficile qui exige de faire des acrobaties dans les plus hauts registres de l'instrument, c'est la mise en commun du cor et de l'orchestre de chambre qui a toujours obsédé le compositeur. Dans cette oeuvre, la dernière d'importance que Ligeti a composée avant sa mort en 2006, les variations extrêmes de volume, les oppositions rythmiques discordantes et, bien sûr, les interactions microtonales, abondent.

Ligeti aimait les possibilités qu'offrait la mise en commun d'un soliste et de quatre cors obligés: « En donnant à chaque cor ou à chaque groupe de cors des tons fondamentaux différents, j'ai pu construire une nouvelle échelle sonore grâce aux partiels qui en résultent. Ces harmonies, que je n'avais jamais utilisées auparavant, sont « étranges » par rapport à l'échelle harmonique. J'ai mis au point d'étranges harmonies consonantes et dissonantes accompagnées de temps complexes. » Le recours aux harmoniques naturelles produites par les cors naturels place l'oeuvre de Ligeti dans le droit fil des trompes de chasse entendues plus tôt dans la Messe de Saint-Hubert. Néanmoins, en dépit des sons intentionnellement discordants, Ligeti insiste sur la prédominance des décisions d'orchestration sensibles : « Les cors se marient parfaitement, insiste-t-il, et, afin d'enrichir le son encore davantage, deux clarinettistes jouent du cor de basset. Même s'il y profusion de temps étranges, il en résulte un son d'ensemble doux et moelleux. »

Écrit de 1998 à 1999 (puis revu en 2003) pour Marie Luise Neunecker de l'Orchestre symphonique de Cincinnati, le Concerto hambourgeois possède peu de choses de l'ambiance de chasse traditionnellement associée au cor naturel. Au contraire, l'oeuvre en sept mouvements constitue une mosaïque de formes changeantes mettant en évidence le soliste devant une myriade de toiles de fond.

La première au Canada du Concerto hambourgeois de Ligeti a été donnée par Denys Derome et l'Ensemble de Musique Contemporaine de McGill sous la direction de Denys Bouliane en avril 2006.

Perhaps most widely heard in several prominent Hollywood appropriations (Kubrick's 2001, The Shining, and Eyes Wide Shut), the music of György Ligeti is entirely without implications of compositional dogma, and it delights in the liberation of new sonic possibilities. Author Paul Griffiths has linked Ligeti's contrarian manner with his enduring the tyranny of both Hitler and Stalin, but whatever the impetus it is clear that Ligeti employed his critical sensibilities at every turn, including his outrageous anti-anti-opera Le Grand Macabre (1974-7).

The composer cultivated in himself a phenomenal aural imagination. Although his Hamburg Concerto for solo natural horn is an exceedingly difficult piece that demands the most gymnastic performance in the uppermost registers of the instrument, it was always the combination of horn and chamber orchestra that obsessed the composer. Extreme shifts in volume, jarring rhythmic opposition, and, of course, microtonal interplay abound in this, Ligeti's last major composition before his death in 2006.

Ligeti enjoyed the possibilities of combining a soloist with four obbligato horns: "By providing each horn or group of horns with different fundamentals I was able to construct novel sound spectra from the resulting overtones. These harmonies, which had never been used before, sound 'weird' in relation to harmonic spectra. I developed both 'weird' consonant and dissonant harmonies, with complex beats." The use of natural harmonics produced by natural horns places Ligeti's piece in the direct lineage of the hunting horns of the earliest St. Hubert Mass. But, despite clashing sounds intentionally, Ligeti insists that sensible orchestrational decisions predominate: "Horns blend very well together," he insists, "and to enrich the sound further, two clarinetists play basset horns. Even though it is replete with spectra of strange beats, the resulting overall sound is soft and mellow." Written for Marie Luise Neunecker of the Cincinnati Symphony Orchestra in 1998-99 (revised 2003), the Hamburg Concerto possesses little of the hunting ethos associated with the natural horn. On the contrary, the work is a seven-movement mosaic of shifting forms showcasing the soloist against myriad backdrops.

The Canadian Premiere of Ligeti's Hamburg Concerto was performed by Denys Derome and the McGill Contemporary Music Ensemble, under the direction of Denys Bouliane in April, 2006.

-Michael Ethen