Claude VIVIER


Zipangu (1980)

7 violons, 3 altos, 2 violoncelles et contrebasse

La mélodie, encore et toujours, encore et toujours renouvelée: c'est à nouveau une mélodie qui est le point central de Zipangu. Comme si sa musique instrumentale devait aussi chanter – chanter à la fois l'Orient et son personnage fétiche, Marco Polo (Zipangu est un dérivé du nom que les Chinois donnaient au Japon). Cette mélodie, Vivier la veut brouillée et utilise pour ce faire plusieurs techniques d'archet aux cordes.

Il devient clair à l'écoute que ces façons variées d'aborder les cordes créent l'intérêt de cette oeuvre. On y entend la même mélodie sous la forme d'un dialogue entre cordes aiguës – d'où se détache parfois un violon solo – et cordes graves. Les cordes y sont en alternance très chantantes et très sombres; on trouve dans le grave une impression sinistre, et dans l'aigu, volontairement grinçante. S'insèrent des points de repère parfois légers et sautillants, parfois brusques et violents, haletants. C'est un Vivier en plein contrôle de ses moyens qui nous donne cette oeuvre, dont les accords finaux, toujours aux cordes, ont presque le timbre et surtout toute l'autorité d'un chour de trompettes.

-Martine Rhéaume

Melody, still and again, still and forever renewed: once more, it is a melody that is the central point of a Vivier work, this time, Zipangu. As though his instrumental music should sing–with the voice of both the Orient and its fetish character, Marco Polo (Zipangu is a derivation of the name the Chinese gave to Japan). Vivier wanted this melody scrambled, and used various bowing techniques to accomplish his goal.

Listening it becomes clear that much of the work's interest also flows from the way the strings are treated. The same melody may be heard as a dialogue between high and low-pitched strings, from which a violin solo emerges from time to time. The strings alternate between high lyricism and great darkness; the low-range passages create a sinister impression, and the higher reaches seem deliberately screeching. Amongst all this are some important moments, at times light and bouncy; at others sudden, violent, and breathless. A Vivier in full control of his musical means delivers this work to listeners, complete with some rousing final harmonies in the strings that almost assume the sound, and certainly have the authority, of a choir of trumpets.

trans. Catrina Flint De Medicis