Les Sechs Bagatellen (Six Bagatelles, Op. 9) de Webern représentent un jalon en composition. Elles marquent la première atteinte par le compositeur de l’efficacité maximale qui le distinguerait. Concis partout, l’opus 9 est riche de décisions musicales autonomes et économes, émaillées d’une urgence rythmique. Des paires de demi-tons (se renversant en septièmes majeures, neuvièmes mineures, etc.) saturent la collection.
L’opus 9 a été achevé entre 1909-11, une période particulièrement productive durant laquelle Webern a complété vingt-trois oeuvres et a exploré la composition dodécaphonique. Les bagatelles sont en quelque sorte annonciatrices de sa composition sérielle. Par-dessus tout, Webern était obsédé par la concision des bagatelles. Schoenberg a déclaré qu’avec elles Webern avait exprimé « un roman par un geste unique, le bonheur par un souffle unique ».
Tous les mouvements instrumentaux de Webern à partir de l’opus 20 font référence à des formes classiques, comme des sonates, des rondos, des variations, etc. Dans le Quatuor à cordes, opus 28 (ainsi que dans Variations pour orchestre, opus 30), il emploie une combinaison de deux ou trois d’entre eux. Mais la concision demeurera une caractéristique déterminante de l’opus 28 — la dernière pièce de chambre de Webern — et de ses oeuvres ultérieures en général.
La charmante série de douze sons de l’opus 28 a exigé l’attention d’éminents théoriciens de la musique. Webern a divisé la collection (do-dièse, do, ré-dièse, ré, fa-dièse, sol, mi, fa, la, sol-dièse, si, la-dièse) en trois segments égaux, démontrant une des quelques manières dont il a tâté des séries. Chaque ensemble de quatre hauteurs tonales ressemble au célèbre motif BACH (demiton/ trice mineure/demi-ton).
Alors qu’il composait l’opus 28, Webern vivait seul avec son épouse à Mödling (est de l’Autriche) et subsistait surtout des leçons privées qu’il donnait. Complété durant l’Anschluss tumultueux, l’opus 28 est la seule des quatre dernières oeuvres de Webern à avoir été publiée de son vivant (Boosey & Hawkes, Londres). Elle est dédiée à sa célèbre protectrice, Elizabeth Sprague Coolidge, qui avait déjà commandé deux quatuors à Schoenberg, le cinquième quatuor de Bartok et Apollo à Stravinsky.
Webern’s Sechs Bagatellen (six bagatelles, op.9) represent a compositional milestone. They denote the composer’s first real achievment of maximal efficiency that would become his trademark. Everywhere concise, op.9 is rich with self-sufficent and unwasteful musical decisions peppered with rhythmic urgency. Semitone pairs (which invert to major 7ths, minor 9ths, etc.) saturate the collection.
Op.9 was completed between 1909-11, a particularly fruitful period during which Webern completed twenty-three pieces. He explored dodecaphonic composition throughout, and the bagatelles represent something of a precursor to his serial composition. Above all, Webern obsessed over the compactness of the bagatelles. Schoenberg proclaimed that ith these bagatelles Webern had expressed “a novel through a single gesture, happiness through a single breath.”
All of Webern’s instrumental movements from op.20 onward refer to classical forms, such as sonata form, rondo, variations, etc. In the String Quartet op.28 (as well as Variations for orchestra, op.30), he employed a combination of two or more of these. All the same, brevity would remain a defining characteristic of op.28—Webern’s last chamber piece—and of his late works generally.
The charming twelve-tone row of op.28 has demanded the attention of prominent music theorists. Webern parsed the collection (C#, C, D#, D, F#, G, E, F, A, G#, B, A#) into three equal segments, demonstrating one of several ways he experimented with rows. Each set of four pitches resembles the famous B-A-C-H motive (semitone/minor third/semitone).
As he composed op.28, Webern lived alone with his wife in Mödling (eastern Austria) and subsisted mainly on his private teaching. Completed during the tumultuous Anschluss, op.28 is the only one of Webern’s last four works that was published during his lifetime (Boosey & Hawkes, London). It is dedicated to his famous patron, Elizabeth Sprague Coolidge, who had already commissioned two Schoenberg quartets, Bartok’s fifth quartet, and Stravinsky’s Apollo.
–Michael Ethen