Anton WEBERN


3 kleine Stücke op. 11

« Toutes les oeuvres de Webern sont courtes; mais les opus 7 à 12 sont brefs même pour Webern, en particulier les opus 9, 10 et 11 dont les 14 pièces durent en moyenne 40 secondes chacune. La merveille des pièces courtes, c’est qu’en dépit de la compression, de la fragmentation, de la “purification du motif” — dans le sens où le motif doit être ni plus ni plus moins qu’essentiel — il ne s’agit pas de grandes formes réduites, mais de formes minuscules de plein droit et dotées de leur propre logique. Il faut reconnaître que les pièces courtes sont difficiles à programmer; elles sont déconcertantes en comparaison d’autres oeuvres et semblent déplacées aux côtés d’une pièce de longueur normale. »

—Robert Craft

« Ces pièces sont encore plus condensées du point de vue de l’expression que les Quatre pièces pour violon et piano, opus 7, ou même les Bagatelles, opus 9. Dans la première oeuvre, chaque phrase légère de la ligne mélodique commune aux deux instruments s’évapore dans le silence, se déplaçant seulement une fois vers un point culminant momentané, affirmé par les deux instruments. Chaque note de la partie du piano a une différente dynamique ou une sorte différente d’attaque, et chaque phrase de la partie du violon, une méthode différente de production : harmonique, pizzicato (pincer la corde), arco (utiliser l’archet), sur le chevalet ou les touches. Ces changements continuels de couleurs soulignent le climat d’agitation refoulée engendré par le phrasé frénétique. L’agitation fait surface dans l’intense allegro de la deuxième pièce (d’une durée de moins de quinze secondes) et s’apaise dans la sérénité de la troisième, qui franchit le seuil de l’audibilité dans un adagio presque immobile. »

—Susan Bradshaw

“All Webern’s music is short; but Opera 7-12 are short even for Webern, and especially Opera 9, 10, and 11 whose 14 pieces average about 40 seconds each. The marvel of the short pieces is that in spite of all the compression, fragmentation, ‘purification of the motive’—in the sense that the motive must be neither more nor less than essential—they are not large forms reduced but are tiny forms de jure and of their own logic. It mssut be admitted that the short pieces are difficult to program; they embarrass other music and are ill-mannered next to a normal-length piece.”

—Robert Craft

“These pieces are still more condensed in expression than the Four Pieces, Opus 7—or even than the Bagatelles, Opus 9. In the first piece, each wispy phrase of the shared melodic line evaporates into silence—only once moving forward to a short lived climax, affirmed by both instruments. Every note in the piano part has a different dynamic or a different kind of attack, and every phrase in the cello part a different method of production: harmonics, pizzicato, arco, on the bridge, or on the fingerboard. These continual changes of colour underline the mood of supressed agitation engendered by the breathless phrasing. This agitation comes to the surface in the violent allegro of the second piece (lasting under a quarter of a minute), and subsides again in the serenity of the third—which retreats to the threshold of audibility in an almost motionless adagio.”

—Susan Bradshaw